Conseiller indépendant ou gérant de projet
Un gérant de projet organise les travaux pour vous. Selon la position publiée de GCR, il agit alors comme entrepreneur général : licence RBQ 1.1.1 ou 1.1.2, accréditation au plan de garantie. Vous êtes couvert, mais vous n'êtes plus autoconstructeur. Un conseiller indépendant n'organise rien : vous restez autoconstructeur, vous gardez la marge et vous renoncez à la garantie.
Les deux offres sont légitimes. Elles ne s'adressent pas à la même personne, et le choix se fait avant le premier contrat. L'exemption de l'autoconstructeur, à l'article 49, par. 2 de la Loi sur le bâtiment (RLRQ, c. B-1.1), ne couvre jamais l'électricité, le gaz ni les équipements pétroliers, et ne vise pas un multiplex.
Ce que fait un gérant de projet
Il sollicite les corps de métier, retient ceux qu'il juge bons, fixe la séquence et transmet les instructions au chantier. Organiser l'exécution des travaux d'autrui, c'est exercer les fonctions d'entrepreneur au sens de la Loi sur le bâtiment. GCR l'écrit sans détour : sur une maison neuve visée, cette personne doit détenir une licence RBQ 1.1.1 ou 1.1.2 et être accréditée au plan de garantie.
L'article 46 interdit d'exercer ces fonctions sans licence, et interdit aussi de donner lieu de croire qu'on les exerce.
Un gérant licencié et accrédité, c'est un entrepreneur général avec un autre mot sur la carte d'affaires. Sans licence ni accréditation, l'offre n'est pas conforme, quel que soit le titre employé.
Cinq lignes suffisent à trancher
Ni l'une ni l'autre colonne n'est meilleure dans l'absolu. « Gérance de projet » y figure comme catégorie du marché, à titre de comparaison.
| Gérance de projet | Conseiller indépendant | |
|---|---|---|
| Licence RBQ requise | Oui, 1.1.1 ou 1.1.2, au nom de la firme. | Aucune : aucun travail n'est exécuté ni organisé. Vous bâtissez sous l'art. 49, par. 2 — jamais pour l'électricité, le gaz et les équipements pétroliers. |
| Garantie GCR | Oui, si la firme est accréditée et la maison visée. Exigez le numéro d'accréditation. | Aucune. L'autoconstructeur n'est pas couvert ; la Cour d'appel a écarté la couverture partielle le 4 octobre 2021. |
| Qui signe les contrats | Selon le montage : la firme, ou vous par son entremise. Lisez qui est partie à chaque contrat. | Vous, avec chaque corps de métier. Le conseiller prépare les documents ; vous les envoyez et vous signez. |
| Qui instruit le chantier | Le gérant, pour votre compte. | Vous. Le conseiller analyse, compare et recommande ; aucune instruction ne part de lui. |
| Maître d'œuvre au sens de la CNESST | À établir au contrat, par écrit. Ne le présumez pas. | Vous, toujours. Avis d'ouverture de chantier écrit, au moins 10 jours avant le début des travaux. |
Les exemptions de licence ont changé d'adresse le 12 février 2026 : du règlement B-1.1 r. 1 au B-1.1 r. 9, art. 11.1 (D. 38-2026). Citez la bonne source devant un prêteur.
L'arbitrage
En 2026, une maison neuve se bâtit autour de 200 $ le pied carré en entrée de gamme, et de 260 à 350 $ en milieu de gamme. L'écart entre les deux colonnes porte sur 10 à 20 % de cette somme — la part d'administration et de profit qu'un autoconstructeur capte lui-même — et sur la question de savoir qui répond des défauts.
Ce que chaque offre achète
Le gérant vend une couverture
Vous achetez un dos. Quelqu'un rappelle le couvreur, tient l'échéancier et répond du résultat ; le plan de garantie protège l'acompte, le parachèvement, les malfaçons et les vices cachés, selon ses termes et ses plafonds. Son administration et son profit sont dans le prix. Pour bien des gens, c'est le bon choix.
Le conseiller vend du jugement
Vous achetez une lecture. Plus de trente ans en construction résidentielle, comme surintendant et contremaître salarié pour des entreprises titulaires d'une licence RBQ, sur plusieurs centaines de maisons neuves ; compagnon charpentier-menuisier ; DEC en technologie de l'architecture. Le parcours au complet.
Un budget préliminaire détaillé, une séquence de travaux et ses étapes critiques ; les documents de demandes de soumissions que vous envoyez ; la comparaison des offres reçues, prix, inclusions, exclusions. Les trois mandats. Personne ne signe à votre place : c'est vous qui coordonnez les corps de métier, et voici comment ça tient.
Prenez le gérant si
- Vous n'avez pas le temps d'être maître d'œuvre. L'avis écrit d'ouverture de chantier à la CNESST n'est que la première ligne de la liste.
- Vous ne pouvez pas absorber un vice caché sans filet. L'autoconstructeur n'en a aucun.
- Votre prêteur ou votre assureur exige la couverture du plan de garantie.
- Vous bâtissez un multiplex, ou vous pensez revendre : l'article 8 vous présume entrepreneur si vous offrez le bâtiment en vente, ou si vous repartez en construction moins de deux ans après le permis précédent.
Prenez le conseiller si vous voulez décider vous-même, capter la marge et être outillé pour le faire. Dans les deux cas, toute personne amenée sur le chantier doit détenir ses cartes de compétence : la loi R-20 vise la maison neuve, et l'exemption de l'art. 19(9) ne couvre que la rénovation d'un logement déjà occupé.
Avant de signer, d'un côté comme de l'autre
D'un gérant, exigez trois choses par écrit : le numéro de licence RBQ et ses sous-catégories, le numéro d'accréditation au plan de garantie, et ses honoraires en dollars — pas seulement un pourcentage des travaux, qui monte avec chaque extra.
Du côté du conseil, le mandat est un forfait fixé par écrit avant que rien ne commence. Ce qui le fait varier : le nombre de lots de travaux, l'existence de plans, le terrain acheté ou non, le nombre de soumissions à comparer, la durée du chantier. Aucune surprise horaire. Comment les honoraires sont établis.
Présentez le mandat à votre institution avant de le signer. Ce que le financement exige.
Où nous pourrions vous aider
BâtiConseil est là pour vous aider dans vos démarches. Réservez un appel découverte pour en parler : environ 30 minutes, sans frais et sans obligation.
Portée et limites du mandat
BâtiConseil Résidentiel inc. n'est pas titulaire d'une licence RBQ, n'exécute aucun travail de construction, n'exerce aucune surveillance et ne dirige aucun chantier. Elle n'organise pas les travaux d'autrui et n'exerce aucune fonction de gérance de projet. Le mandat est un mandat de conseil : analyser, comparer, structurer, préparer des documents, documenter, expliquer et recommander. Le client demeure celui qui décide, signe, engage, instruit et paie.
Vérifié le 21 août 2026. Ceci ne constitue pas un avis juridique.